La promesse des communications confidentielles

Les révélations récentes d’Edward Snowden à l’effet que son ancien employeur, la National Security Agency (NSA) aux États-Unis, espionne les communications en ligne et par mobile ont alertées la population à propos de la violation de la vie privée. Désormais, nous ne pouvons ignorer que nos textos peuvent être interceptés, les informations de notre carnet d’adresse, collectés et nos déplacements, enregistrés. La NSA a également le pouvoir d’espionner des ordinateurs non connectés à internet, nous a appris Le New York Times. Ce qui a amené le président étasunien Barak Obama à initier une série de réformes au sein de la NSA afin d’étendre la protection de la vie privée aux non étasuniens.

blackphonePlus près de nous, le Centre de la sécurité des télécommunications Canada (CST) a également fait les manchettes pour avoir obtenu des informations provenant d’appareils mobiles des voyageurs à l’Aéroport Montréal-Trudeau grâce au système wifi de l’endroit. Plusieurs personnes ayant fréquenté l’aéroport ont vu les signaux de leurs appareils interceptés sans leur consentement par l’agence canadienne de surveillance électronique, ce qui a soulevé un tollé. La CST s’est défendue en affirmant que cette opération n’était qu’un essai, que seules les métadonnées des communications ont été récoltés, c’est à dire l’information sur les communications échangées, mais non leur contenu. Pour la CST, les métadonnées ne sont pas des informations sur les personnes, seulement sur les appareils qui se connectent entre eux, mais tous ne sont pas de cet avis. Or, les métadonnées permettent d’identifier un appareil, sa position et l’heure de transmission d’une communication, dit Pierre Trudel, professeur de droit des médias et de droit des technologies de l’information au Centre de recherche en droit public de l’Université de Montréal. Combinés à d’autres informations, c’est suffisant pour dresser le portrait des déplacements d’une personne.

Devant de tels évènements, la venue d’un téléphone intelligent qui ne peut être espionné fait envie. Ces dernières semaines, 2 appareils ont fait les manchettes : le Hoox, déjà sur le marché, et le Blackphone, qui sera dévoilé lors du Mobile World Congress qui se déroulera à Barcelone du 24 au 27 février 2014.

Le téléphone Hoox de Bull. Source : zdnet.fr
Le téléphone Hoox de Bull. Source : zdnet.fr

Le Hoox de la compagnie Bull est un téléphone intelligent Android conçu pour assurer la confidentialité des conversations grâce à un système d’exploitation ultra sécurisé. Les accès aux données de l’utilisateur sont stockées et chiffrées localement, ce qui évite l’interception sur des serveurs tiers. Le Hoox chiffre aussi la voix, les textos ainsi que tous les courriels et les données échangés. L’ensemble de ces données sont conservés dans le coffre-fort électronique du téléphone. Au cout de 3000 $, c’est un appareil qui s’adresse évidemment à des entreprises sensibles et des organisations gouvernementales, non au consommateur lambda.

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Le Blackphone. Source : www.numerama.com

Le Blackphone, des compagnies Geeksphone et Silent Circle, est quant à lui destiné à tout le monde. Il fonctionne également sous un système Android créé spécialement et baptisé PrivateOS. Il aurait, dit-on, la capacité de chiffrer ses communications et les échanges de fichiers en passant par une connexion VPN. Pour le moment, certains détails techniques sont encore inconnus puisque l’appareil n’est pas encore lancé, mais Mike Janke, le patron de Silent Circle, assure que le Blackphone se détaillera à un prix inférieur à l’iPhone 5s ou au Galaxy S4 de Samsung.

Certains commentateurs croient que le Blackphone ne sera surement pas de taille à échapper aux agences de renseignement comme la NSA alors que d’autres croient que le chiffrement / déchiffrement des données alourdira les transferts et les commnucations en plus de faire exploser la quantité de données consommées. De plus, on ne sait rien sur la provenance des puces qui se trouveront à l’intérieur du Blackphone alors que des spécialistes affirment qu’elles peuvent présenter des failles. Nous ne pouvons pour le moment affirmer que les communications sécurisées seront accessibles et fiables, mais les efforts sont là.

Ce qui est intéressant devant ces nouvelles, et qui s’incarne avec le Blackphone, c’est que les actuelles préoccupations concernant la sécurité favorisent l’émergence de technologies alternatives libres qui, je l’espère, feront bientôt compétition aux technologies et logiciels propriétaires.